La paresse: une maladie mortelle (1)

Ce sujet est important car nous vivons dans une époque où la paresse a envahi la société islamique et dominé tous les aspects de la vie. C’est une grave maladie qui, lorsqu’elle s’empare d’une personne, affecte sa religion et sa vie d’ici-bas. La paresse est un obstacle redoutable sur le chemin de ceux qui cherchent à se rapprocher du Seigneur des mondes et on ne peut réussir sans franchir et dépasser cet obstacle.

C’est trouver quelque chose pesant alors qu’on ne le devrait pas; cela est dû à l’absence de penchant de l’âme au bien malgré sa capacité à le faire.

Pour l’imam A-Nawawî رحمه الله c’est: « le manque d’inclination de l’âme au bien et le peu de désir (à l’accomplir) malgré sa capacité (à le faire) »

En raison de sa gravité, le Prophète ﷺ cherchait fréquemment refuge auprès d’Allah تعالى contre la paresse. Ainsi, dans le Sahîh d’al-Boukhârî et Mouslim, on trouve le hadith suivant: « Ô Allah ! Je cherche refuge auprès de Toi contre l’incapacité et la paresse, (contre) la lâcheté, l’avarice et la décrépitude. Je cherche refuge auprès de Toi contre le châtiment de la tombe. Je cherche refuge auprès de Toi contre la tentation de la vie et de la mort » 

Al-Qourtoubî رحمه الله a dit: « La paresse contre laquelle on cherche refuge est le fait de trouver trop pénible les actes d’obéissance et l’effort à fournir afin d’acquérir les profits religieux et terrestres; et l’incapacité contre laquelle on cherche refuge est l’impuissance à faire ces choses ».

Pour Ibn Batâl رحمه الله , (il faut) chercher refuge contre l’incapacité et la paresse car elles empêchent le serviteur d’accomplir les devoirs envers Allah, envers lui-même et envers sa famille. Elles lui font négliger ses affaires concernant sa vie future et sa vie ici-bas. Le croyant a reçu l’ordre de faire des efforts dans l’action, d’être modéré dans son souhait et de ne pas être un fardeau ou dépendant des autres tant qu’il jouit d’une bonne santé physique et mentale ». 

Il est connu que le souvenir constant d’Allah تعالى chasse le diable qui est la principale source de paresse du serviteur. Le cœur qui se souvient de son Seigneur est un cœur vivant, doté d’une vraie volonté, d’une forte détermination et tourné vers Allah عز وجل avec force et vigueur contrairement au cœur négligent (distrait) dont le diable s’est emparé et dans lequel il niche, le remplissant d’obsessions (wawâs) et d’incitations au mal, le décourageant ainsi de tout bien et l’éloignant de toute vertu. Ainsi, lorsque l’appel de la foi invite le serviteur vers ce bien (la prière de la nuit ou celle de l’aube), le diable lui ordonne de bailler, de fermer les yeux, lui fait aimer le sommeil et l’enjolive à ses yeux et c’est alors que la paresse et l’indolence le dominent والعياذ بالله .

Le Prophète ﷺ a dit à ce sujet: « Le diable fait trois nœuds sur la nuque de l’un de vous quand il dort. Il frappe chaque nœud (en disant): « Que la nuit soit longue pour toi, dors ! » S’il se réveille et évoque Allah, un nœud se défait, s’il fait ses ablutions un (autre) nœud se défait et s’il prie un (dernier) nœud se défait. Ainsi, le matin, il sera énergique et de bonne humeur sinon il sera de mauvaise humeur et paresseux » (al-Boukhârî: 1142)

Observer tous les actes d’adoration et d’obéissance est une source de force, d’énergie et un moyen de chasser la paresse; de même, la faiblesse dans l’adoration et son désintérêt pour elle mènent à sa négligence et à son abandon total, et cela est un fait bien connu. 

L’une des plus grandes causes de la paresse est de fréquenter les fainéants et les négligents. Leur compagnie aveugle le cœur et affaiblit la détermination, il faut donc se méfier de les côtoyer. Être avec des personnes qui visent de grandes choses est une preuve de résolution, d’énergie et de force; comme le dit le proverbe; « Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es ». De même, fréquenter une personne paresseuse est un signe de mesquinerie et de faible résolution. 

Manger et dormir trop provoque la paresse et la faiblesse du corps.

Allah عز وجل nous dit: « …Et mangez et buvez et ne commettez pas d’excès car Il n’aime pas ceux qui commettent des excès » (7 Al-A’râf: 31)

Le Prophète ﷺ a dit: « Le croyant mange avec un seul intestin et le mécréant mange avec sept intestins » (al-Boukhârî: 5393/ Mouslim: 2060)

Al-Hâfiz Ibn Hajar رحمه الله a réuni les preuves qui interdisent la satiété et celles qui l’autorisent parfois en disant: « On peut en conclure que le reproche s’adresse à celui qui fait de la satiété une habitude en raison de la paresse qui en résulte dans l’adoration et les autres actions. Quant au fait de manger beaucoup mais très rarement, surtout après une faim intense et lorsqu’il est peu probable que cela se produise de sitôt, alors cela est permis » ( فتح الباري ) 

En moyenne, une personne dort entre 5 et 8 heures par jour. Si quelqu’un dort moins, car son corps le tolère ou plus car il en a besoin, il n’y a pas de problème. L’important en islam est que le musulman se conforme aux horaires des prières tout en étant en pleine forme pour accomplir l’adoration de la façon la plus complète. Si le corps a besoin de repos et de sommeil, il ne faut pas l’en priver. 

Il faut savoir que dormir plus que ce dont le corps a besoin cause de la difficulté dans l’obéissance et un abêtissement de la raison. C’est pourquoi on trouve certaines paroles des anciens critiquant le sommeil excessif. Ainsi, Al-Foudaïl ibn ‘Iyâd رحمه الله a dit: « Deux penchants endurcissent le cœur: trop dormir et trop manger » et Ibn al-Qayyim رحمه الله a dit: « Trop dormir fait mourir le cœur, alourdit le corps, fait perdre le temps et engendre beaucoup de négligence et de paresse… » ( مدارج السالكين ) 

L’espoir excessif consiste à toujours désirer la vie d’ici-bas et à se détourner de celle de l’au-delà. C’est se persuader que l’on restera dans ce monde et ne pas réfléchir au départ (vers l’autre monde). C’est se dire que la vie est longue et qu’il y a une longue distance entre soi-même et la mort.

Quant à l’espoir légitime et raisonnable, il consiste à espérer et regarder l’avenir avec optimisme, sans oublier l’au-delà. 

Le Seigneur des mondes a clairement indiqué dans Le Noble Coran que l’espoir excessif est une des suggestions (wawâs) du diable en disant: « Il leur fait des promesses et leur donne de faux espoirs. Et le diable ne leur fait que des promesses trompeuses » (4 Les femmes: 120 )

Le Prophète ﷺ a dit: « Le cœur du vieillard reste jeune en deux choses: l’amour de l’ici-bas et l’espoir exagéré » (Al-Boukhârî: 6420)

Hassan al-Basrî رحمه الله a dit: «… Le diable trompe l’homme, lui promet et lui fait espérer l’immortalité, l’encourage à s’adonner aux désirs immodérés, à commettre les actes interdits, à courir après les délices et à être paresseux face aux actes d’obéissance » Il a dit également: « Un serviteur ne nourrit pas d’espoirs excessifs sans corrompre ses actions » 

En effet, l’espoir excessif conduit à diminuer l’obéissance, à la paresse dans l’adoration, à la dureté du cœur, à retarder le repentir, à suivre la passion, à commettre beaucoup de péchés, à convoiter la vie d’ici-bas, à l’insouciance face à la mort et ce qui vient après comme malheurs et angoisses et peut-être le mène à une mort en état de péché, ce qui est le comble du malheur !

Mâlik ibn Dînâr رحمه الله a dit: « Quatre choses font partie du malheur: la dureté du cœur, le dessèchement des yeux, l’espoir excessif et la convoitise de la vie d’ici-bas »

Al-Foudaïl ibn ‘Iyâd رحمه الله a dit: « L’espoir excessif fait partie du malheur et l’espoir restreint fait partie du bonheur »

Al-Hâfith ibn Hajar رحمه الله a dit: « L’espoir exagéré engendre la paresse dans l’obéissance, l’ajournement du repentir, le désir de ce monde, l’oubli de la vie future et l’endurcissement du cœur »

L’espoir restreint signifie se préparer à partir à tout moment. Celui dont l’espoir est restreint est toujours prêt car il sait que le départ est proche, que la vie passe rapidement. C’est l’une des choses les plus bénéfiques pour le cœur car cela incite à saisir les occasions de la vie qui passe comme un nuage. 

L’exemple ce celui qui nourrit des espoirs excessifs et s’abstient de travailler et de celui qui se prépare (pour l’au-delà) est comparable à des gens qui voyagent et s’arrêtent dans un village. Celui qui est résolu et prêt achète le nécessaire pour poursuivre son voyage et se tient prêt à partir; quant à l’autre il se dit chaque jour: « Je me préparerai demain » jusqu’à ce que le chef de la caravane annonce le départ et qu’il n’ait pas fait de provisions. 

La détermination est à l’avant-garde de l’action. Lorsqu’elle est forte, sincère et élevée, celui qui la possède ne ménage aucun effort pour atteindre son but contrairement à celui qui manque de détermination.

Une forte détermination est la clé de la réussite du serviteur tout comme une faible détermination est la clé de sa perte. 

Ibn Qayyim al-Jawziyya رحمه الله  dit: « Le savoir et le travail sont des jumeaux dont la mère est la forte détermination. L’ignorance et l’oisiveté sont des jumeaux dont la mère est l’amour de la paresse » ( بدائع الفوائد )

Dans cette vie, l’homme a des ambitions et des objectifs qu’il s’efforce d’atteindre. S’il se prépare afin d’accomplir ce qu’il s’est déterminé à faire et s’y efforce, il est possible qu’il rencontre des obstacles. S’il cède à ces obstacles, il sera déçu et frustré ce qui aura pour résultat l’inaction (la paresse) dans son objectif. Et comme on dit: «  La paresse mène à l’échec, annule le travail et déçoit l’espoir »

NdT: Face aux obstacles, il faut se rappeler les épreuves qu’a rencontrées notre Prophète bien-aimé ﷺ, et l’imiter car lui ne se démoralisait pas et continuait d’agir. 

Négliger les choses signifie les mépriser, les prendre à la légère et être indifférent envers elles ce qui conduit à s’en désintéresser et à faire preuve de paresse à leur égard.

La négligence est une cause majeure de paresse dans de nombreuses affaires concernant la religion et la vie d’ici-bas, et peut-être que ce en quoi on a été paresseux renferme un grand bien et un immense bénéfice. 

Allah تعالى dit à Son Messager ﷺ : « …et n’obéis pas à celui dont Nous avons rendu le cœur inattentif à Notre Rappel, qui poursuit sa passion et dont le comportement est outrancier » (18 La caverne: 28) c’est-à-dire qu’il a négligé Allah عز وجل Qui l’a alors puni en le rendant insouciant de Son Rappel ( tafsir As-Sa’dî )…

Il existe encore d’autres causes à la paresse que nous n’aborderons pas ici. Pour ceux qui voudrait en savoir plus, consulter « La paresse: une maladie mortelle pages 36 à 39 ( en arabe ) : ICI 

La paresse renferme beaucoup de méfaits et de maux graves qui ont des conséquences sur l’individu, dans sa religion et sa vie d’ici-bas, notamment:

La santé et le temps libre comptent parmi les plus grands bienfaits d’Allah تعالى accordés au serviteur… Profiter de son temps libre en obéissant au Très Miséricordieux est une voie pour habiter le plus haut jardin (du Paradis). Ces actes d’obéissance ne sont parfaitement accomplis que par celui qui jouit d’une bonne santé l’aidant à les faire avec force et ardeur. 

Quant au paresseux, auquel Allah تعالى a accordé le bienfait de la santé et du temps libre, il perd son temps, qui est son bien le plus précieux, sans aucun bénéfice ni bonne action. Sa santé décline, sa vie s’en va en pure perte et il demeure ainsi jusqu’à ce qu’il soit enterré. Quel tort immense que celui du paresseux négligent !

C’est ainsi que le Prophète ﷺ a dit: « Deux bienfaits dont beaucoup de gens sont dupes: la santé et le temps libre » (al-Boukhârî). Ibn al-Jawzî رحمه الله a dit: « L’homme peut être en bonne santé mais ne pas avoir de temps libre car occupé à gagner sa vie; il peut avoir du temps libre mais ne pas être en bonne santé. Voilà pourquoi une personne, qui a la santé et du temps libre, mais que la paresse domine (et l’empêche) d’obéir (à son Seigneur), est une personne vraiment dupe. Cela parce que la vie d’ici-bas est un champ (que l’on sème) pour la vie future et un commerce dont le profit se manifeste dans l’au-delà. Celui qui emploie son temps libre et sa santé dans l’obéissance à Allah عز وجل est une personne enviable et celui qui les utilise dans la désobéissance à Allah عز وجل est une personne dupe parce que le travail succède au temps libre et que la maladie succède à la bonne santé, ne serait-ce que la vieillesse ».

Quiconque ne profite pas de sa santé et son temps libre pour obéir à Allah تعالى va le regretter le jour où les regrets ne serviront à rien. 

Certaines personnes vivent dans la paresse au point que le bien et les actes de bienfaisance leur sont pesants. Elles n’assistent pas aux réunions (pour apprendre) la science et si elles y viennent, cela leur est plus lourd que les montagnes. Elles n’invoquent pas Allah تعالى , ne lisent pas le Coran, n’entretiennent pas leur lien de parenté, et si elles viennent à la prière, elles y assistent avec paresse et nonchalance…

Le Prophète ﷺ a ainsi averti les croyants qui délaissent la prière du Vendredi en disant: « Que des gens cessent de délaisser les prières du Vendredi ou bien Allah scellera assurément leurs cœurs puis ils feront certes partie des négligents » (Mouslim). C’est-à-dire que les gens doivent cesser d’abandonner la prière du Vendredi par négligence, paresse et sans excuse valable sinon Allah عز وجل scellera leur cœurs en les marquant, en les couvrant; en les privant de Sa bonté et de Son bienfait et en y mettant ignorance, rudesse et dureté. Puis ils négligeront les actions qui leur sont utiles et négligeront l’abandon de ce qui leur fait du mal. Ils feront donc partie de ceux dont la négligence s’est emparée. Ils ont oublié Allah alors Il les a oubliés. ( Voir : ICI )

La paresse, face aux actes pour obéir à Allah تعالى et se rapprocher de Lui, est enracinée chez les hypocrites. Elle est, par conséquent, l’un de leurs signes et caractéristiques les plus marquants. Allah عز وجل les a d’ailleurs qualifiés ainsi, à titre de blâme et d’humiliation, dans la sourate « Les femmes »: « Certes les hypocrites cherchent à tromper Allah mais c’est Lui Qui les trompe. Et lorsqu’ils se lèvent pour la prière, ils se lèvent paresseux, se font voir des gens et n’invoquent Allah que rarement » (v:142) 

Ibn Kathîr رحمه الله dit dans son tafsir: « Ceci est le propre des hypocrites dans la plus noble et la meilleure des actions à savoir la prière. Lorsqu’ils se lèvent pour la prière, ils sont paresseux car ils n’ont aucune intention dans la prière, n’ont pas foi en elle, ni crainte d’elle et ne comprennent pas sa signification…Ibn ‘Abbâs رضي الله عنهما a dit: « Il est détestable qu’un homme se lève pour la prière en étant paresseux. Il devait plutôt se lever pour elle avec un visage joyeux, un grand désir et une joie intense car il s’adresse à Allah تعالى , Allah est devant lui, Il lui pardonne et l’exauce lorsqu’il L’invoque… » 

Al-Qourtoubî رحمه الله a dit: « L’hypocrisie engendre inévitablement la paresse dans l’adoration »

La privation de leadership se produit au niveau personnel et au niveau général.

Sur le plan personnel, le paresseux n’obtient pas l’honneur de diriger les gens. Il n’est pas connu qu’un paresseux ou une personne de peu de volonté soit devenu le chef de son peuple ou qu’il ait atteint un rang élevé parmi ses pairs… Le fainéant ne gouverne ni ne dirige; il a toujours besoin d’autrui, il est un fardeau pour les autres.

De plus, le paresseux néglige sa religion, il ne la pratique pas comme Allah تعالى le lui a ordonné. Il n’apprend pas comment adorer son Seigneur et ne se soucie pas de ses manquements. À cause de sa paresse, il néglige lui-même car il a toujours besoin d’autrui pour les affaires de sa vie; il néglige aussi sa femme et ses enfants parce qu’il ne leur offre pas une vie décente.

On a dit: « من أراد السيادة فعليه بترك الوسادة »  « Celui qui veut obtenir l’autorité doit renoncer à l’oreiller » 

Sur le plan général, la paresse conduit les nations au sous-développement. Elle est la voie de la chute des peuples et des communautés. Une nation dont le peuple est paresseux est une nation qui ne construit et ne se développe pas; au contraire, elle prend du retard sur le progrès et la civilisation. 

Ibn al-Qayyim رحمه الله a dit: « Tous les sages s’accorde sur le fait que la félicité ne s’atteint pas par la félicité, que le repos ne s’obtient pas par le repos et que celui qui préfère les plaisirs, les plaisirs lui échappent ».  

On dit que le bonheur est dans l’effort et la privation dans la paresse…Ainsi, il existe des nations, aux ressources limitées, mais dont les citoyens sont animés de grandes aspirations et d’une forte volonté qui (finissent par) triompher et diriger. À l’inverse, on trouve des nations, à qui Allah تعالى a accordé de très nombreuses richesses, mais avec des citoyens sans aucune volonté ni résolution. C’est comme si l’échec était leur allié, le sous-développement leur emblème et la pauvreté leur manteau. 

Si la paresse caractérise le peuple d’une nation, cela explique son retard par rapport aux autres nations car le travail et la production sont le nerf de la vie. Une nation productive et forte possède la souveraineté et le leadership parmi les autres nations. Par conséquent, la seule voie vers l’élévation et la force de la Communauté réside dans le travail et l’abandon de la paresse… 

La paresse peut conduire une personne à délaisser les prières surérogatoires liées aux  prières obligatoires ( as-sounan a-rawâtib السنن الرواتب ) perdant ainsi l’occasion d’avoir une maison au Paradis. Elle peut également négliger le jeûne surérogatoires perdant ainsi l’occasion qu’Allah  عز وجل éloigne son visage de l’Enfer de 70 automnes (70 ans ), elle peut délaisser le jeûne de 3 jours par mois, se privant ainsi de la récompense du jeûne perpétuel. Elle peut aussi renoncer à lire le Coran, se privant ainsi de la récompense de 10 bonnes actions pour chaque lettre, sans compter la récompense et le mérite perdus en n’assistant pas aux cercles de science, etc. La paresse peut même amener quelqu’un à négliger les actes obligatoires et cela est la perte par excellence !

On trouve dans un proverbe: « Celui qui choisit la paresse ne récolte pas de miel »

Ibn al-Qayyim رحمه الله a dit: « L’incapacité et la paresse sont étroitement liées et figurent parmi les causes de la souffrance car elles entrainent la perte de ce que l’on aime. L’incapacité implique l’absence de capacité et la paresse implique l’absence de volonté. L’âme souffre de la perte de ce qu’elle aime, selon son attachement à cela, et de la perte du plaisir qu’elle aurait éprouvé à son obtention. » 

Ibn al-Jawzî رحمه الله a dit: « Quelle vie pour celui qui vit dans la paresse quand il voit ses pairs exceller dans la science alors que lui est ignorant, quand il les voit s’enrichir tandis qu’il est pauvre ! Le plaisir procuré par la paresse et le repos a-t-il encore un sens ? » ( صيد الخاطر ص ٣١٤ )

Certains sages ont dit: « L’incapacité s’est mariée à la fainéantise, elles ont engendré le regret et le malheur s’est marié avec la paresse, ils ont engendré la misère » 

Allah تعالى nous dit: « Non en vérité ! Quand la Terre sera entièrement pulvérisée (autre sens: nivelée). Et que ton Seigneur viendra ainsi que les Anges rang par rang. Et que ce jour-là, on amènera l’Enfer; ce jour-là, l’homme se rappellera mais à quoi lui servira de se souvenir ? Il dira: « Si seulement j’avais préparé (de bonnes actions) pour ma vie (future) ! » ( 89 L’aube: 21-24)

Il arrive que fainéant trouve trop pénible de gagner sa vie et préfère demander de l’argent ou des biens aux gens alors que l’islam nous encourage à agir et à ne pas dépendre des autres. Ainsi, le Prophète ﷺ a dit: « Que l’un de vous prenne une corde, apporte un fagot de bois sur son dos et le vende afin qu’Allah préserve sa dignité est meilleur pour lui que de demander (l’aumône) aux gens qui la lui donnent ou qui la lui refusent » (al-Boukhârî : 1471)

Celui qui demande l’aumône alors qu’il peut travailler doit faire très attention car le Prophète ﷺ a dit: « L’homme ne cesse de demander l’aumône aux gens de telle sorte qu’il viendra, au Jour du Jugement, le visage sans aucun lambeau de chair » (al-Boukhârî: 1474)…

Fin de la première partie 

oummatoukoum le 20 Rabî’ al-Âkhir 1448- le 1/10/26

الكسل الداء العضال : ICI 

ICI  طول الأمل: حقيقته ومضاره وعلاجه

كم عدد الساعات التي يجوز للشخص أن ينامها ؟ : ICI

Les dangers de la paresse

Les règles de la parole et de la conversation

Allah عز وجل nous informe que « Il (l’homme) ne prononce pas une parole sans avoir auprès de lui un observateur prêt à l’inscrire » (50 Qâf: 18) et le Prophète ﷺ nous dit: « Certes le serviteur dit, sans y prêter attention, une parole qui satisfait Allah تعالى (et) par laquelle Allah l’élèvera de plusieurs degrés. Et certes le serviteur dit, sans y prêter attention, une parole qui fâche Allah تعالى (et) par laquelle il tombera en Enfer » (al-Boukhârî).

La parole est un bienfait de notre Créateur mais ce bienfait peut se retourner contre nous s’il est mal utilisé. C’est pourquoi il est primordial de connaître les règles islamiques régissant la parole et la conversation afin d’utiliser notre langue dans le bien et éviter les péchés engendrés par nos paroles. Voyons ce qu’il est important de faire: 

Allah تعالى dit : « Et dis à Mes serviteurs de dire les meilleures paroles. Certes le Diable sème la discorde entre eux. Certes le Diable est, pour l’homme, un ennemi déclaré » (17 Le voyage nocturne: 53). Allah تعالى commande à Son Messager d’ordonner aux serviteurs croyants d’Allah d’utiliser les meilleures paroles et les mots bienveillants dans leurs conversations et leurs discussions car s’ils ne le font pas, le Diable sèmera la discorde entre eux; les mots deviendront des actes et le mal, les disputes et les combats surviendront…(tafsir Ibn Kathîr).  

Le Prophète ﷺ dit un jour à Mou’âz رضي الله عنه (dans un long hadith) : « … « Retiens celle-ci (en parlant de la langue)… »… « …et qu’est-ce qui fait tomber les gens en Enfer, sur leurs visages ou sur leurs nez si ce n’est ce que leurs langues ont récolté » (At-Timidhî: sahîh)

« Retiens celle-ci (en parlant de la langue)… » c’est-à-dire abandonne les paroles interdites, comme celles qui incluent le polythéisme envers Allah, le mensonge, le faux témoignage, le fait de parler d’Allah sans science, d’attaquer l’honneur des gens et d’autres péchés majeurs comme la médisance, la calomnie, les paroles obscènes, etc. Abstiens-toi de parler de choses inutiles et dénuées de sens, et si tu parles, ne parle que de bonnes choses comme prescrire l’aumône, les bonnes actions ou la réconciliation entre les gens, etc.

S’il n’y a pas de bien dans la parole alors la sécurité est dans le silence. C’est ainsi que le Prophète ﷺ a dit: « …et celui qui croit en Allah et au Jour Dernier, qu’Il dise du bien ou qu’il se taise » (al-Boukhârî- Mouslim) 

«…si ce n’est ce que leurs langues ont récolté »: si ce n’est à cause de ce qu’ils récolteront, au Jour de la Résurrection, de la profusion de paroles, prononcées dans le bas monde, contraires à l’obéissance à Allah عز وجل . (1) 

C’est pourquoi les paroles des pieux prédécesseurs السلف sur le fait de retenir sa langue sont nombreuses. Ainsi, Ibn Mass’oud رضي الله عنه a dit: « Je n’ai rien vu qui a le plus besoin d’un emprisonnement prolongé que la langue ». Al-Hassan a dit: « Attache ta langue sauf pour une vérité que tu établis, un mensonge que tu réfutes, une sagesse que tu propages ou un bienfait que tu évoques » Les salafs رحمهم الله ont écrit des ouvrages sur le bienfait de se taire. Les savants ont parlé sur les méfaits de parler beaucoup et ont encouragé les gens à moins parler…(2)

Le Prophète ﷺ restait parfois longtemps silencieux et lorsqu’il parlait, ses paroles étaient agréables. Il nous a encouragés à dire de bonnes paroles qui peuvent, إن شاء الله , nous sauver de l’Enfer. C’est ainsi qu’il nous a dit: «…Que chacun de vous se protège du feu (de l’Enfer), ne serait-ce qu’avec une moitié de datte et s’il ne trouve pas, alors avec une bonne parole » (Al-Boukhârî-Mouslim) (2)

Dans ce hadith, Le Prophète ﷺ ordonne à chaque musulman de mettre, entre lui et le feu (de l’Enfer), une barrière, en faisant l’aumône, même s’il donne la moitié d’une datte. S’il ne trouve rien à donner, alors qu’il fasse l’aumône d’une bonne parole qui réjouisse l’âme et le cœur des gens. Cela montre qu’une bonne parole est une aumône qui protège du feu de l’Enfer de même qu’une mauvaise parole mérite le feu de l’Enfer. Le musulman se doit donc de ne mépriser aucune forme d’aumône, même si elle est minime car cela profite à celui qui donne et à celui qui reçoit. (3) 

Dans un autre hadith, le Prophète ﷺ nous dit: « Dans le Paradis, il y a certes des appartements dont l’extérieur est visible depuis l’intérieur, et l’intérieur est visible depuis l’extérieur. Abou Mâlik al-Ach’ari dit alors: « Pour qui sont-ils, Ô Messager d’Allah ? » Il répondit: « Pour celui qui dit de bonnes paroles, donne à manger et prie la nuit alors que les gens dorment » (Sahîh at-Targhîb: sahîh). Dans un autre hadith, presque identique, on trouve, à la place de « qui dit de bonnes paroles » « qui parle gentiment » (Sahîh al-Jâmi’ : hassan)

Le Paradis est la chose la plus élevée que le musulman demande à son Seigneur عز وجل. Y entrer est une réussite manifeste, c’est pourquoi souvent, le Prophète ﷺ faisait convoiter le Paradis à ses Compagnons رضي الله عنهم , le leur décrivait et leur expliquait certains de ses délices afin qu’ils s’efforcent de l’obtenir…

« des appartements dont l’extérieur est visible depuis l’intérieur, et l’intérieur est visible depuis l’extérieur »: c’est-à-dire qu’ils sont transparents…comme s’ils étaient en verre, en diamant ou en perle et en rubis. Et Seul Allah تعالى sait ce qu’il en est…

« Pour celui qui dit de bonnes paroles »: qui s’exprime par des paroles agréables et laisse les paroles répugnantes et mauvaises. Cela fait allusion au bon caractère.

« donne à manger »: nourrir ceux qui ont faim parmi les pauvres et les nécessiteux. Cela fait allusion à l’aumône et à la dépense.

« prie la nuit alors que les gens dorment »: qui prie régulièrement la nuit (quiyâme al-layl قيام الليل et at-tahajjoud التهجد) pour Allah عز وجل alors que les gens, dans l’insouciance, dorment. 

Ce hadith nous enseigne que s’attacher aux adorations et les multiplier est une cause pour obtenir les hauts degrés au Paradis. (4)

Allah تعالى dit au sujet du conseil de Luqmân à son fils: « …et baisse ta voix. Certes la plus abominable des voix est bien la voix des ânes » (31 Luqmân: 19). Il ne fait aucun doute qu’élever la voix gêne l’auditeur et l’énerve. Cela indique un manque de bonnes manières sauf s’il est nécessaire de hausser la voix comme quand le prédicateur prêche aux gens. En effet, lorsque le Prophète ﷺ faisait un sermon, il élevait la voix, son visage devenait rouge comme s’il avertissait l’armée d’un danger imminent. 

De même, si on craint que personne n’entende un avertissement ou un savoir important alors on élève la voix, comme le Prophète ﷺ l’a fait, durant un voyage. Les gens étaient dispersés et ils faisaient les ablutions. Comme certaines personnes ne prenaient pas soin de bien laver leurs pieds, le Prophète ﷺ appela avec une voix haute pour être entendu de tous, en disant: « Malheur aux talons à cause du Feu ! » (Al-Boukhârî-Mouslim) (5)

Il est clair qu’élever la voix lorsque cela est nécessaire est parfois important et requis mais le plus souvent, lors des conversations et des échanges, il faut parler à voix basse.

Celui qui parle doit s’éloigner du bavardage, de la vantardise et de l’exagération dans l’éloquence.  Ainsi, le Prophète ﷺ a dit: « Parmi ceux d’entre vous que j’aime le plus et qui seront les plus proches de moi au Jour de la Résurrection, il y a ceux qui sont dotés des meilleurs caractères. Et ceux d’entre vous que je déteste le plus et qui seront les plus éloignés de moi au Jour de la Résurrection sont les bavards, les vantards et « les mutafayhiqûn المُتَفَيْهِقُون». Les Compagnons رضي الله عنهم demandèrent: « Ô Messager d’Allah! Nous connaissons les bavards et les vantards mais que veut dire les mutafayhiqûn ? Il répondit: « Les orgueilleux ». (At-Tirmidhî: sahîh)  

Le Prophète ﷺ a dit également: « Il y aura des hommes de ma nation qui mangeront toutes sortes de nourritures, boiront toutes sortes de boissons, porteront tous types de vêtements et parleront beaucoup et avec vantardise. Ce sont les pires de ma nation » (sahîh al-jâmi’: sahîh) (2)

Dans un autre hadith, le Prophète ﷺ nous informe que « Certes Allah عز وجل déteste l’homme éloquent qui remue sa langue comme la vache remue la sienne » (Abou Dâwoud: sahîh). Celui qui parle beaucoup commet beaucoup d’erreurs. Celui qui s’habitue à trop parler aura de la  difficulté à revenir à ce qui est juste et à retenir sa langue. Il en arrive à se délecter de ses paroles, à parler beaucoup avec vantardise tout en savourant et dégustant son éloquence et sa faculté d’élocution.

« Certes Allah عز وجل déteste l’homme éloquent »: l’éloquent est celui qui exprime ce qu’il pense de la meilleure façon. Mais ici, il s’agit de celui qui fait des manières, qui parle beaucoup, qui affecte l’éloquence et se vante devant les gens. 

« qui remue sa langue comme la vache remue la sienne »: à cause de ses paroles et ses vantardises excessives, il remue la langue dans sa bouche et entre ses dents, savourant ses paroles, comme la vache qui savoure la nourriture. Cette comparaison vise à décourager fortement la profusion des paroles sans raison. (6)

L’écoute attentive fait partie des bonnes manières surtout lorsque l’autre personne récite les paroles d’Allah تعالى. En effet, Allah عز وجل dit: « Et quand le Coran est récité, écoutez-le attentivement et taisez-vous afin que vous obteniez la miséricorde (d’Allah) » (7 Al-A’râf: 204)

Il est également important d’écouter avec attention les savants lorsqu’ils parlent, au premier rang duquel figure le Prophète ﷺ. C’est ainsi que les Compagnons رضي الله عنهم écoutaient très respectueusement le Prophète ﷺ. 

Une personne ne parle que si ses paroles sont destinées à plaire à Allah تعالى , car elle peut parler pour montrer son savoir, sa connaissance, son éloquence et sa rhétorique, pour monopoliser l’assemblée, pour se mettre en avant, pour nuire aux autres ou encore pour se montrer et présider la réunion. Tout cela fait partie des raisons qui poussent les gens à parler. Il faut, en fait, que la cause de la parole soit Allah عز وجل , on ne doit parler que d’une façon qui plaise à Allah تعالى .

Par conséquent, le musulman doit s’abstenir de parler, s’il pense que se taire plaira à son Seigneur, et que cela fait partie de la sincérité. Si son âme le pousse à parler par désir personnel, qu’il se taise et si son âme le pousse à se taire par désir personnel, qu’il parle. 

Cependant, il ne lui est pas permis de garder le silence quand il s’agit d’enseigner quelqu’un qui ne sait pas, d’avertir un insouciant ou d’ordonner le bien et interdire le mal. Et il doit toujours agir en suivant ces règles.

Une personne peut parfois vouloir parler mais en y réfléchissant, elle réalise que l’intérêt de parler est moindre que le fait de se taire car si elle parle, le mal sera plus grand, elle préfère donc garder le silence. Ainsi, lorsque Mu’âwiya رضي الله عنه prit le pouvoir, il demanda si quelqu’un voulait débattre sur ce sujet. Abdoullah ibn ’Omar رضي الله عنهما voulait lui répondre, alors qu’il était dans son droit, mais il s’est abstenu par peur que la communauté ne se divise et que le sang coule. Il se rappela de ce qu’Allah تعالى a préparé au Paradis puis il garda le silence. Habîb ibn Maslama رضي الله عنه lui dit alors: « Tu as été protégé et préservé » (7)

Ceci est la preuve qu’une personne peut vouloir parler mais elle reste silencieuse dans l’intérêt légal qui est l’intérêt de la religion et l’unité des musulmans par exemple. (2) 

Lorsque quelqu’un s’adresse aux gens, il doit utiliser un vocabulaire, accessible à leur esprit, qu’ils comprennent. Il ne doit pas leur parler de choses complexes dont ils ne saisissent pas le sens ni utiliser des mots singuliers qu’ils ne comprennent pas. Et même s’il choisit de parler de science, il doit sélectionner les choses fondamentales, claires et faciles à accepter et il laisse de côté celles qui pourraient rebuter les gens car ils les trouvent étranges, malgré qu’elles fassent partie de la religion…C’est pourquoi ‘Ali ibn Abî Tâlib رضي الله عنه a dit: « Parlez aux gens de ce qu’ils connaissent. Voulez-vous qu’Allah et Son Messager soient accusés de mensonge ? » (al-Boukhârî) (2)

Les capacités de compréhension et d’assimilation varient selon les gens. Le savant perspicace parle à chaque individu et chaque groupe de ce que leur esprit peut comprendre et accepter. Par ses paroles, le Commandeur des Croyants, ‘Ali ibn Abî Tâlib رضي الله عنه , nous enseigne à parler aux gens selon leur intelligence et de ce qu’ils comprennent et il nous conseille de laisser ce qui leur est compliqué et difficile à comprendre afin que cela ne soit pas une raison pour eux de démentir Allah et Son Messager ﷺ et de ne pas les croire. En effet, lorsque les gens entendent ce que leur esprit ne comprend pas, ils s’empressent de le démentir. C’est pourquoi le savant peut rendre sa science accessible en parlant aux gens ordinaires de ce qu’ils comprennent puis réserver l’étude des questions délicates aux gens intelligents et aux étudiants. (8)          

Parmi les bonnes manières de parler figure le fait de parler lentement, posément, avec précaution afin de favoriser la compréhension et la mémorisation. La mère des croyants, ‘Âïcha رضي الله عنها a dit: « Lorsque le Prophète ﷺ parlait de quelque chose si quelqu’un avait voulu compter (les mots) il aurait pu le faire » (al-Boukhârî). Cela nous montre l’intérêt, porté par le Messager d’Allah ﷺ, pour la clarification et l’explication. (9) 

Un jour ‘Âïcha رضي الله عنها a entendu un Compagnon رضي الله عنه qui rapportait des hadiths aux gens de façon  rapide, elle dit alors: «…Certes le Messager d’Allah ﷺ ne débitait pas de hadiths comme vous le faîtes » c’est-à-dire qu’il ﷺ ne se dépêchait pas de faire suivre ses propos, les uns à la suite des autres, afin de ne pas troubler l’auditeur.

Le Prophète ﷺ parlait lentement, en articulant bien les lettres et les mots, mais pas avec une lenteur (exagérée) qui ferait fuir l’auditeur.

Il faut répéter les paroles importantes qui sont difficiles à comprendre pour certains auditeurs du premier coup ou pour la première fois. C’est le sens des propos d’Anas ibn Mâlik رضي الله عنه qui a dit « Lorsqu’il (le Prophète ﷺ) prônonçait des paroles, il les répétait trois fois jusqu’à ce qu’elles soient comprises… » (al_Boukhârî). La répétition a donc pour but la compréhension et on ne répète pas plus de trois fois.

Quant à la répétition excessive, au-delà de trois fois, elle peut lasser. C’est pourquoi une servante dit un jour à Ibn As-Samâk رحمه الله (un savant mort en 344 H): « Que tes paroles sont belles sauf que tu les répètes (trop) ! ». Il répondit: « je les répète jusqu’à ce que celui qui ne les a pas comprises les comprenne » Elle dit: « Le temps que comprenne celui qui ne les a pas comprises, celui qui les a déjà comprises s’en lassera » (2)

Des Compagnons رضي الله عنهم ont dit: « Quand le Prophète ﷺ montait sur le minbar, nous tournions notre visage vers lui » (As-silsila as-sahîha d’al-Albanî). Yahya ibn Saïd al_Ansarî a dit: « La Sounna veut que lorsque l’imam s’assoit sur le minbar le jour du Vendredi, les gens tournent tous leur visage vers lui ». 

La sagesse derrière le fait de faire face à l’imam est que cela permet au fidèle de se préparer à écouter ses paroles et à le respecter durant l’écoute du sermon. Si le fidèle fait face à l’imam et se tourne vers lui, par le corps, le cœur et l’esprit, il devient plus à même de comprendre le sermon et d’accepter ce qui lui est prescrit de faire. (10) 

Le Prophète ﷺ a dit: « Rien n’est plus lourd dans la balance du croyant au Jour de la Résurrection qu’un bon caractère. Et certes Allah déteste la personne vulgaire et obscène » (At-Tirmidhî: sahîh). 

Si durant la conversation, une personne entend une obscénité, elle doit s’en détourner et détourner son visage pour montrer sa désapprobation de la mauvaise parole ou de la chose qui est contraire à la pudeur. (2)

‘Âïcha رضي الله عنها rapporte qu’ « une femme interrogea le Prophète ﷺ sur les ablutions majeures الغُسْل après les règles. Il lui expliqua comment se laver puis il dit: « Prends un morceau (de coton, de laine ou de tissu) parfumé au musc et purifie-toi avec. » Elle demanda: « Comment je me purifie? » Il dit: « Purifie-toi avec ! » Elle dit: « Comment ? » Il dit: « Gloire à Allah سبحان الله ! Purifie-toi ! ».( dans un autre hadith, rapporté aussi par al-Boukhârî, il est précisé que le Prophète ﷺ, pris d’un sentiment de pudeur, détourna son visage)  Alors ( ‘Âïcha رضي الله عنها dit) je l’ai tirée vers moi et j’ai dit: « Passe le morceau sur les traces de sang » » (al-Boukhârî) 

Cela montre que lorsqu’une personne en arrive à un point dans son discours où elle aborde une question contraire à la pudeur, elle détourne son visage. Cette femme pose une question et il ne convient pas que le Prophète ﷺ lui donne plus de détails que cela. Il laissa donc cette tâche à ‘Âïcha رضي الله عنها car les femmes se comprennent mieux entre elles, et l’on sait que le Prophète ﷺ était plus pudique qu’une vierge dans sa chambre.

Allah عز وجل, dans Son Noble Livre, nous dit: «…ou si vous avez touché aux femmes et que vous ne trouviez pas d’eau… » (5 La table servie: 6) Ibn ‘Abbâs et ‘Alî رضي الله عنهما ont expliqué que « toucher » dans ce verset signifie le rapport sexuel. Il ne s’agit pas du simple toucher car on sait que lorsque le Prophète ﷺ touchait ou embrassait sa femme, il ne refaisait pas ses ablutions.(11) Par ce verset, notre Seigneur nous enseigne comment parler de la meilleure façon de choses sensibles.

Lorsque les gens sont réunis dans une assemblée ou qu’un groupe vient pour parler, c’est le plus âgé qui parle s’il maîtrise les règles de la parole et s’il est savant. Il est poli de laisser commencer l’aîné. Le respect de la personne âgée est un des principes de la politesse de la charî’a. 

Dans un hadith, rapporté par al-Boukhârî, on trouve que des Compagnons رضي الله عنهم sont venus voir le Prophète ﷺ pour lui parler d’un meurtre ayant eu lieu à Khaïbar. Le frère de la victime, qui était le plus jeune, commença à parler mais le Messager d’Allah ﷺ lui demanda de laisser le plus âgé parler. 

On doit également laisser la parole au plus savant. Une occasion peut survenir, un incident peut arriver qui nécessite une prise de parole, tout le monde désire parler mais le commentaire sur le sujet est laissé au plus savant parmi eux car il possède, par le bienfait d’Allah تعالى, un discernement qui lui permet de convaincre les gens. Ses explications et ses paroles sont meilleures que celles des autres.

Ainsi, lorsque le Prophète ﷺ est décédé, les Compagnons رضي الله عنهم , n’étaient pas d’accord sur celui qui devait être investi du pouvoir. Pour les Ansârs, cela devait être un des leurs. ‘Omar رضي الله عنه voulait leur répondre et avait réfléchi à des paroles convaincantes mais c’est Abou Bakr رضي الله عنه qui prit la parole. ‘Omar رضي الله عنه reconnut alors qu’Abou Bakr رضي الله عنه était plus patient et plus digne que lui et que son discours était meilleur que celui qu’il avait préparé. (2)

Couper la parole aux gens est contraires aux bonnes manières. ‘Abdoullah ibn ‘Abbâs conseilla à son élève ‘Ikrima رضي الله عنهما en lui disant: « Parle aux gens (des enseignements de la religion) une fois par semaine, si tu veux vraiment plus alors deux fois et au maximum trois fois. Ne lasses pas les gens de ce Coran. Que je ne te voie pas aller trouver les gens pour leur parler (de religion) et interrompre leur conversation car tu les ennuierais. Tu dois plutôt te taire pour écouter. Lorsqu’ils te demandent de leur parler (de religion) alors fais-le car ils en ont envie. Fais attention à la prose rimée dans les invocations, évite-la car je sais que le Messager d’Allah ﷺ et ses Compagnons رضي الله عنهم ne faisaient que cela, c’est-à-dire qu’ils évitaient toujours (la prose rimée dans les invocations) » (al-Boukhârî)

Si les gens demandent à ce qu’on leur parle de religion, le discours leur sera plus utile que si on leur demande de se taire pour écouter. Mais dans une situation ou des gens oublient Allah عز وجل et commettent peut-être des péchés, il convient alors que l’un d’eux se lève et dise: « Frères! Écoutez, il y a untel qui voudrait parler ou nous voulons entendre ce qu’il a à dire plutôt que ces paroles inutiles » 

Ibn Hajar رحمه الله a déduit de ce hadith qu’il est détestable que quelqu’un parle (de religion) à des gens qui ne l’acceptent pas, qu’il est interdit de couper la parole d’autrui, qu’il ne faut pas transmettre la science à ceux qui ne la désirent pas et qu’il faut parler (de religion) à ceux qui souhaitent écouter car cela est plus apte à ce qu’ils en profitent. (2) 

Le Prophète ﷺ a dit: « Si vous êtes trois, que deux d’entre vous ne s’entretiennent pas en secret sans le troisième, jusqu’à ce que vous soyez mêlés aux gens (à d’autres personnes), car cela l’attriste » (al-Boukhârî).

« car cela l’attriste » : cette troisième personne pourrait croire qu’elle n’est  pas à la hauteur de la conversation, ce qui signifie la mépriser de façon indirecte. Ou bien elle peut penser que vous complotez contre elle. Ce genre de conversation provient du Diable car Allah تعالى nous dit: « La conversation secrète n’est que (l’œuvre) du Diable pour attrister ceux qui ont cru… » (58 La discussion: 10)

Maintenant prenons l’exemple d’un groupe de 10 personnes et que 9 d’entre elles se fassent des confidences en excluant la dixième, cela serait-il interdit ? Oui et c’est encore plus grave que dans le cas de 2 personnes qui en excluent une. 

Dans le cas où dans un groupe de 3 individus, 2 parlent, à voix haute, une langue que la troisième ne comprend pas, c’est également compté comme étant une conversation secrète car le résultat est le même. Si, dans un groupe de 4 personnes, 2 d’entre elles se parlent discrètement et que les 2 autres restent silencieuses et éloignées, ce n’est pas interdit car la troisième personne peut se familiariser avec la quatrième. (2)

Il faut garder le secret de la personne qui nous parle, si elle le demande clairement ou si elle en fait le signe, dans la mesure où cela ne nuit pas aux musulmans, bien sûr.

Ainsi, le Prophète ﷺ a dit: « Si l’homme parle de quelque chose (à quelqu’un) puis se retourne, c’est alors un dépôt (amâna أَمانة ) » (Abou Dâwoud, At-Tirmidhî, Ahmad : hassan)

Le fait de se retourner ici signifie qu’il s’assure que personne ne puisse l’entendre. Il parle puis se retourne veut dire que c’est un secret, même s’il ne dit pas à son auditeur « Garde cela pour toi et n’en parle à personne ! ». Le fait qu’il se retourne pour voir s’il n’y a personne indique que c’est une amâna (un dépôt à garder). Les savants ont dit: divulguer un secret est une trahison, c’est interdit s’il y a préjudice et c’est méprisable s’il n’y en a pas. 

Mais si cela nuit aux musulmans il faut obligatoirement le divulguer aux gens qui ordonnent le bien et interdisent le mal afin qu’ils modifient ce mal. Il ne convient pas que ce secret soit considéré comme sacré car il nuit aux musulmans. (2)

Le Prophète ﷺ a dit: « Il n’est pas permis à un musulman de rompre avec son frère plus de trois (jours, quand) ils se croisent, l’un se détourne et l’autre se détourne et le meilleur d’entre eux est celui qui commence par le salâm » (al-Boukhârî) 

Il n’est donc pas permis de cesser de parler au musulman plus de 3 jours. La limite d’une dispute entre croyants est de 3 jours, ensuite on doit obligatoirement reparler à son frère. (2)

Remarque importante: rompre le relation avec une personne n’est pas interdit dans le cas où l’on craint qu’elle puisse corrompre notre religion, nous nuire ou en raison de son mauvais comportement, de sa pratique de l’innovation…etc (12)

Le Prophète ﷺ a dit: « Il suffit à l’homme comme mensonge de parler de tout ce qu’il entend » (Mouslim). Il est commandé au musulman d’être sincère dans ses propos et ses paroles et de vérifier tout ce qu’il dit ou transmet afin de ne pas tomber dans le mensonge. Si l’on raconte tout ce qu’on entend, sans le vérifier, il y aura sûrement des choses qui seront fausses. Ainsi on participe à diffuser un mensonge, même si cela n’était pas notre intention. Ce hadith incite donc le croyant à vérifier ses informations (surtout s’il s’agit des paroles prophétiques) et à ne pas transmettre tout ce qui se dit sans un examen préalable. (13)

Le Prophète ﷺ a dit: « Malheur à celui qui parle et ment pour faire rire les gens, malheur à lui, malheur à lui ! » (At-Tirmidhî: hassan). Le vrai musulman est sincère, ne ment pas, et il évite les futilités dans ses paroles et ses actes. Ce hadith contient un enseignement et un avertissement. 

« Malheur à celui qui parle et ment pour faire rire les gens » : son but se limite à les faire rire et il ment pour cela. « malheur à lui, malheur à lui ! » : c’est-à-dire à lui la ruine, le châtiment et la perte. Cela parce que le mensonge est interdit et y recourir dans un but tel que faire rire, le rend encore plus interdit. Le Prophète ﷺ plaisantait avec ses Compagnons رضي الله عنهم et ne disait que la vérité. (14)

Le Prophète ﷺ a dit: « Je suis garant d’une maison aux abords du Paradis pour celui qui abandonne la dispute même s’il a raison, d’une maison au milieu du Paradis pour celui qui abandonne le mensonge même quand il plaisante et d’une maison dans les plus hauts degrés du Paradis pour celui qui a un bon caractère » (Abou Dâwoud: hassan)

« une maison » : c’est-à-dire un palais.

« celui qui abandonne la dispute même s’il a raison » : il a raison dans ce qu’il dit, car cela préserve les individus et parce que la dispute engendre la discorde et la division.

« pour celui qui a un bon caractère » : qui a un bon caractère avec Allah عز وجل en étant satisfait du décret et du destin d’Allah تعالى , en étant patient et en faisant Ses louanges lors de l’épreuve et en Le remerciant lors du bienfait et du don. Il a aussi bon caractère avec les gens en renonçant à leur faire du mal, en étant généreux, de bonne humeur avec eux tout en supportant leur mal. (15)

Allah تعالى nous dit : « Ô vous qui avez cru ! Qu’un groupe ne se raille pas d’un autre groupe : ceux-ci sont peut-être meilleurs qu’eux. Et que des femmes ne se raillent pas d’autres femmes : celles-ci sont peut-être meilleures qu’elles. Ne vous dénigrez pas et ne vous lancez pas mutuellement des sobriquets (injurieux). Quel vilain mot que « perversion » lorsque l’on a déjà la foi. Et quiconque ne se repent pas…ceux-là sont les injustes » (49 Les appartements : 11)

Parmi les droits des croyants les uns envers les autres, il y a celui de ne pas se moquer que ce soit par une parole, des propos ou un acte indiquant du mépris pour son frère (ou sa sœur) croyant(e), car c’est interdit. Cela montre l’orgueil de celui qui se moque. Et il se peut que celui qui est moqué soit meilleur que celui qui se moque, et c’est d’ailleurs souvent le cas. En effet, la moquerie ne vient que d’un cœur rempli de défauts, aux mœurs répréhensibles; c’est pourquoi le Prophète ﷺ a dit: «…Il suffit comme mal pour un homme de mépriser son frère musulman…» (Mouslim)…(16)

Allah عز وجل dit : « Ô femmes du Prophète ! Vous n’êtes comparables à aucune autre femme. Si vous êtes pieuses, ne soyez pas complaisantes dans votre langage, (sinon) celui qui a dans son cœur une maladie (vous) convoitera. Et tenez un langage convenable » (33 Les coalisés: 32)

Voici des règles qu’Allah تعالى a prescrit aux femmes du Prophète ﷺ et les femmes de la Communauté doivent les suivre dans cela. 

« ne soyez pas complaisantes dans votre langage » : signifie ne pas adoucir leur langage quand elles s’adressent aux hommes.

« celui qui a dans son cœur une maladie » : c’est-à-dire la perversion

« Et tenez un langage convenable » : une parole qui soit bonne, belle et reconnue pour son bien.

Cela signifie qu’elles doivent s’adresser aux étrangers en utilisant un langage qui ne soit pas doux; c’est-à-dire que la femme ne s’adresse pas aux étrangers comme elle s’adresse à son mari. (17)

Allah تعالى nous dit : « …Ne vantez pas vous-mêmes votre pureté; c’est Lui qui connaît mieux ceux qui (Le) craignent » (53 L’étoile: 32). C’est-à-dire ne faites pas l’éloge de votre âme car c’est plus éloigné de l’hypocrisie et plus proche de l’humilité. Allah تعالى  sait mieux ceux qui agissent sincèrement pour Lui et craignent Son châtiment (Tafsir al-Qortobî).

(Un jour), un homme fit l’éloge d’un autre homme devant le Prophète ﷺ qui dit alors : « Malheur à toi ! Tu as coupé le cou de ton ami, tu as coupé le cou de ton ami (il répéta cela) plusieurs fois. Puis il dit : « Celui qui veut absolument faire l’éloge de son frère, qu’il dise : « Je crois qu’un tel, Allah est Son Juge et je ne fais l’éloge de personne auprès d’Allah, je crois qu’il est comme ceci et comme cela, s’il sait cela de lui » (al-Boukhârî- Mouslim)

« Malheur à toi ! » : c’est une parole dont l’objectif n’est pas d’invoquer contre une personne, c’est plutôt un reproche ou un encouragement (à faire) quelque chose de précis. C’est une parole de compassion et de peine adressée à quelqu’un qui est en danger, un danger non mérité. 

« tu as coupé le cou de ton ami (il répéta cela) plusieurs fois » : c’est-à-dire tu l’as anéanti et lui a porté préjudice; car peut-être cette éloge va le conduire à être vaniteux et prétentieux. Il devient alors comme une personne décapitée qui a cessé de bouger. Le Prophète ﷺ répéta beaucoup cette parole pour avertir et attirer l’attention sur la gravité des paroles.

Ensuite le Prophète ﷺ a expliqué que dans le cas où l’éloge est obligatoire, parce que la situation l’exige selon la chari’a, comme faire l’éloge d’un témoin par exemple, qu’il dise alors : « Je crois qu’un tel, Allah est Son Juge et je ne fais l’éloge de personne auprès d’Allah, je crois qu’il est comme ceci et comme cela »  et qu’il se limite, dans sa description, à ce qu’il connaît comme bonnes qualités chez cette personne. Et il dit, en le décrivant: « Je le considère comme un homme juste, vertueux ou généreux » par exemple. Il ne décide pas et il n’est pas catégorique sur le sort de quelqu’un, que se soit en bien ou en mal, car Allah تعالى connaît son secret et c’est Lui Qui le rétribuera…(18)  

Il est permis à l’homme de faire sincèrement sa propre éloge en cas de besoin et non pas pour se vanter :

Ainsi « lorsque ‘Outhmân رضي الله عنه fut assiégé, il les (ses assiégeants) regarda du haut de sa maison et leur dit : « Je vous rappelle par Allah, savez-vous que lorsque (la montagne de) Hirâ’ trembla, le Messager d’Allah ﷺ dit : « Tiens bon Hirâ’ ! Il n’y a sur toi qu’un Prophète, un véridique ou un martyr » Ils dirent : « Oui » Il dit : « Je vous rappelle par Allah, savez-vous que le Messager d’Allah ﷺ a dit à propos de l’armée de la difficulté (pour l’expédition de Tabouk) : « Qui dépensera (verra sa) dépense acceptée, les gens sont épuisés et dans le besoin » J’ai donc équipé cette armée ». Ils dirent: « Oui » Puis il dit : « Je vous rappelle par Allah, savez-vous que personne ne buvait l’eau du puits de Rouma si ce n’est en payant, je l’ai donc acheté et mis à la disposition du riche, du pauvre et du voyageur ? » Ils dirent: « Ô Allah, oui » Et il énuméra d’autres choses » (Tirmidhî : hassan, sahîh, gharîb) (19)

Chakal ibn Houmaïd رضي الله عنه est venu voir le Prophète ﷺ et lui a dit : « Ô Prophète d’Allah ! Enseigne-moi une invocation par laquelle je cherche refuge » Il prit ma main puis il dit : « Dis (Ô Allah !) je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de mon ouïe, contre le mal de ma vue, contre le mal de ma langue, contre le mal de mon cœur et contre le mal de ma semence » (An-Nissâî: sahîh)

Les Compagnons رضي الله عنهم s’adressaient au Prophète ﷺ, soucieux d’apprendre de lui, ce qui leur est utile ici-bas et dans l’au-delà. 

« une invocation par laquelle je cherche refuge » : c’est-à-dire : je me réfugie et je cherche protection auprès d’Allah pour qu’Il me préserve des maux d’ ici-bas et de l’au-delà.

« Il prit ma main » : le Prophète ﷺ a tenu sa main afin de lui faire ressentir sa grande attention et préoccupation pour lui et pour sa question.

« je cherche refuge auprès de Toi contre le mal de mon ouïe » : je cherche refuge auprès de Toi contre le fait qu’elle soit utilisée pour Te désobéir, comme écouter en cachette et espionner ce qu’Allah عز وجل a interdit.

« contre le mal de ma vue » : que je la laisse voir des choses alors qu’Allah عز وجل ordonne de baisser les yeux devant elles.

« contre le mal de ma langue » : contre les paroles qui ne contiennent pas le rappel d’Allah تعالى ou ce qu’Il a autorisé.

« contre le mal de mon cœur » : contre le fait qu’il ait une croyance corrompue ou qu’il contienne de la rancune, de la jalousie ou de l’amour pour les péchés et ceux qui les commettent. 

« contre le mal de ma semence » : c’est-à-dire : je cherche refuge auprès de Toi contre le fait de  la placer au mauvais endroit ou qu’elle me fasse tomber dans la fornication ou qu’elle me domine jusqu’à ce que je tombe dans la fornication ou ses préliminaires. Il a été dit: ce qui est visé ici c’est la demande de refuge contre le mal du désir intense de rapports sexuels car un désir excessif peut faire tomber dans la fornication ou ses préliminaires. 

Ces choses mentionnées par le Prophète ﷺ sont accompagnées de la demande de refuge car elles sont l’origine, la base et la source de tout mal. (20)  

Voilà certaines des règles de la parole et de la conversation en islam. Qu’Allah تعالى  nous aide à retenir ces principes et à les mettre en pratique. On se doit d’être attentifs à nos paroles car la langue est l’un des organes les plus nuisibles pour l’homme et l’un des plus difficiles à maîtriser face à l’interdit. Pour nous y aider, rappelons-nous toujours le sage conseil de notre Prophète bien-aimé ﷺ qui a dit: « …et celui qui croit en Allah et au Jour Dernier, qu’Il dise du bien ou qu’il se taise » (al-Boukhârî- Mouslim). oummatoukoum : le 28/1/1447 – 23/7/2025

(1) شرح الحديث  ICI

(2) كتاب سلسلة الآدب – المنجد : آداب الكلام والمحادثة . Chapitre 16 / pages 1 à 21 : ICI

(3) شرح الحديث  ICI

(4) a) الحديث الأول وشرحه : ICI    b)  الحديث الثاني : ICI

(5) شرح الحديث  : ICI   

(6) شرح الحديث  ICI  

(7) Pour plus de détails, voir le hadith rapporté par al-Boukhârî, avec l’explication (en arabe) : ICI   

(8) شرح الحديث : ICI

(9) الحديث : ICI 

(10) من السنة استقبال الخطيب بالوجه والنظر إليه : ICI  

(11) معنى قوله-تعالى-: ((أو لامستم النساء فلم تجدوا ماء فتيمموا )) : ICI 

(12) شرح الحديث : ICI 

(13)  شرح الحديث  : ICI 

(14) شرح الحديث : ICI 

(15) شرح الحديث : ICI 

(16) تفسير السعدي 

(17) تفسير ابن كثير  

(18) شرح الحديث : ICI  

(19) آداب الكلام – الأدب الخامس : ICI 

(20) شرح الحديث : ICI 

Les règles de la parole et de la conversation en islam.
Quelques règles à suivre pour éviter les péchés de la langue.