Profanation des Noms d’Allah dans le soufisme

 Comment les Noms d’Allah sont-ils profanés dans le soufisme ?

الإلحاد في أسماء الله

الحمد لله رب العالمين والصلاة والسلام على نبينا محمد

Allah عز وجل nous dit : « C’est à Allah qu’appartiennent les Noms les plus beaux. Invoquez-Le par ces Noms et laissez ceux qui profanent ( يُلْحِدُون ) Ses Noms ; ils seront rétribués de ce qu’ils faisaient » (7 Al-A’râf: 180).

Les commentateurs du Coran, ont donné au verbe alhada أَلْحَدَ (souvent traduit par profaner pour ce verset) plusieurs significations comme: s’écarter de, attribuer des associés أَشْرَكَ, réfuter, renoncer à la vérité et y faire entrer ce qui n’en fait pas partie (1)

A) La profanation إلحاد des Noms d’Allah تعالى est de plusieurs sortes :

1) Négation de certains Noms

La première sorte consiste à nier certains Noms ou bien nier les attributs auxquels ces Noms font référence. Ainsi, au temps de la Jâhiliyya الجاهلية, certains refusaient de reconnaître le Nom Ar-Rahmân الرحمان, Le Tout Miséricordieux, comme étant un des Noms d ‘Allah تعالى. (voir 25 Le discernement: 60) On peut citer également le cas de certains innovateurs qui confirment les Noms mais rejettent les attributs qu’ils impliquent. Ils affirment, par exemple qu’Allah est Très Miséricordieux Rahîm رحيم mais sans Miséricorde ou qu’Il est Parfaitement Entendant Samî’ سميع mais sans Ouïe.

2) Inventer des noms

Cela revient à nommer Allah سبحانه وتعالى par des noms qu’Il ne s’est pas attribués. C’est une profanation إلحاد car les Noms d’Allah تعالى sont déterminés (par le Coran et la sounna authentique), personne n’a donc le droit de nommer Allah تعالى par un nom qu’Il ne S’est pas donné. Cela fait partie du fait de parler d’Allah عز وجل sans science et d’être injuste envers Lui, comme l’ont fait les philosophes en nommant la divinité « la cause efficiente » et les chrétiens en appelant Allah تعالى « le Père ».

3) Croire à la ressemblance

Croire que les Noms d’Allah عز وجل désignent les attributs des créatures et en faire un signe de la  ressemblance. Ceci est une profanation إلحاد car penser que les Noms d’Allah تعالى indiquent la ressemblance d’Allah تعالى avec Ses créatures revient à exclure Ses Noms de leur signification, à dévier de la droiture et revient aussi à faire de la Parole d’Allah تعالى et de Son Messager ﷺ un guide vers l’incrédulité ! Assimiler Allah تعالى à Ses créatures est bien une incrédulité كُفْر car c’est un démenti de la parole du Très Haut Qui dit : « Il n’y a rien qui Lui ressemble » (41 La consultation: 11) et « Lui connais-tu un semblable ? » (19 Maryam: 65).

4) Changer les Noms d’Allah تعالى 

Former des noms d’idoles à partir des Noms d’Allah تعالى comme l’ont fait les polythéistes avec Al-Lât اللآت qui est dérivé du Nom Allah الله , al-‘Ouzza العُزَّى dérivé du Nom Al-‘Azîz العزيز et Manât مناة dérivé du Nom Al-Mannâne المنان. Ceci est une profanation إلحاد car les Noms d‘Allah تعالى Lui sont spécifiques. « Allah! Point de divinité que Lui! Il possède les Noms les plus beaux » (20 Tâ-Hâ: 8). Il n’est donc pas permis de transmettre les significations de ces Noms à une créature afin de lui accorder une adoration qu’Allah Seul mérite ! (2) 

Quel que soit sa forme, la profanation des Noms d’Allah تعالى est interdite et notre Seigneur a menacé les impies en disant :  «…et laissez ceux qui profanent Ses Noms ; ils seront rétribués de ce qu’ils faisaient » mais malgré cet avertissement, on la retrouve dans le soufisme.

B) Profanation إلحاد des Noms d’Allah تعالى dans le soufisme

Dans le dhikr et les invocations de nombreuses voies soufies, on trouve des noms qui ne font pas partie des Noms d’Allah, comme : تعالى   

1) Les pronoms personnels: Lui هو Toi أتت             

Ainsi, dans les invocations et le dhikr de certaines voies soufies, dont as-shadhiliyya الشاذلية et a-naqshbandiyya النقشبندية (dont sont issues les qubeissiats), on trouve :

« يا مَنْ هُوَ هو هو، يا هو، يا هو، يا هو » qui signifie « Ô Celui (qui est) Lui (que l’on peut aussi traduire par : Ô qui est-il, il, il ? ) ; Ô Lui, Ô Lui, Ô Lui » ou encore  « هو ! هو ! Lui ! Lui ! » Ceci ne veut rien dire, ce n’est pas une invocation faisant partie de la sounna, et il ou lui (هو) n’est pas un Nom d’Allah عز وجل ! 

Allah عز وجل nous a demandé de L’invoquer par Ses Noms, or « Lui » n’est pas un nom, c’est un pronom et on sait que le pronom se réfère au mot préalablement exprimé. Dans le Coran, on retrouve très souvent le pronom هو (lui, il) qui parfois, se réfère à Allah عز وجل et parfois non.  Ainsi, dans le verset « Et si Allah fait qu’un malheur te touche, nul autre que Lui هو ne peut l’enlever… » (6 Les bestiaux: 17). « Lui » se réfère à Allah تعالى mais dans les versets « …Puis, lorsqu’ils l’eurent traversée, lui هو et ceux des croyants qui l’accompagnaient… » (2 La vache: 249), «هو lui » se réfère au roi Tâlût رحمه الله et « Et quiconque désire une religion autre que l’islam, ne sera point agréé, et il هو sera, dans l’au-delà, parmi les perdants » (3 La famille d’Imrân: 85) «هو il » se réfère à celui qui souhaite une autre religion que l’islam…etc

Faire le dhikr en disant «يا من هو ! يا هو يا هو Ô Celui qui est Lui ! Ô Lui ! Ô Lui ! » ; « هو هو Lui ! Lui ! » ; « Toi Lui أنت هو » ou encore  « Hou Hou هُ هُ » (comme nous l’a expliqué un ancien cheikh soufi de la voie a-tijâniyya) revient, en fait, à attribuer à Allah تعالى des noms qui ne sont pas les Siens. Ce n’est pas autorisé car c’est une falsification et une profanation de Ses véritables Noms ! (3) Celui qui craint son Seigneur ne doit pas pratiquer une chose pareille et ne doit pas se laisser manipuler afin de porter atteinte aux Noms d’Allah (4)

2) Des noms incompréhensibles

On trouve dans les voies soufies des invocations et du dhikr comprenant des noms incompréhensibles. Dans de précédents articles, nous avons vu que d’anciens cheikhs soufis ont expliqué que ce sont en réalité des noms de djinns, dont beaucoup sont des diables, et que et les invoquer est une des pratiques de la magie (5).

Quand le disciple interroge sur ces noms, son cheikh lui répond que ce sont des noms d’Allah تعالى mais en langue syriaque السريانية, et que ces noms sont réservés à une élite dont il fait partie…etc. On leur fait croire aussi que le syriaque est la langue parlée par les anges ! Mais ce ne sont que des mensonges.

Afin d’illustrer notre propos, voici quelques exemples, tirés des voies soufies:

Dans la voie as-shadhiliyya, on trouve, dans les wirds, les noms suivants: Bahya, Youbda, Saqfâtiss سقفاطيس Voir à ce sujet la vidéo qui parle de la profanation إلحاد des Noms d’Allah dans la voie as-Shadhiliyya : ICI

Dans voie al-jilaniyya, les disciples apprennent à invoquer: Aïtanokh أيتنوخ, Malokh ملوخ, Mihbach مهباش, Tahfaloch طهفلوش !. On retrouve les mêmes noms dans la voie al-Qâdiriyya القادرية. Voir la vidéo : ICI

Dans la voie a-dassouquiyya الدسوقية, on trouve les noms suivants: Kardahine, Dahine..etc. Voir la vidéo : ICI

Dans la voie al-burhaniyya البرهانية : Ahma Hamithan أحمى حميثا ; Atma Tamissan أطمى طميثا  ; Baha بها ; Bahiyan بهيا …etc   

Et pour avoir un aperçu sur d’autres noms ce ce style, dans les voies soufies, voir les articles de la référence (6) 

Faire passer des noms de djinns (qui sont en général des diables) pour des Noms d’Allah عز وجل est vraiment le summum de la profanation des Noms du Tout Puissant ! Cela est du pur polythéisme (chirk). Le disciple apprend, en fait, à invoquer les djinns à la place de son Seigneur. Cela nous montre aussi que  le soufisme a pour véritable but d’éloigner les croyants de leur Seigneur et de la voie droite !

C) Profanation des Noms d’Allah تعالى dans la voie as-shadhiliyya  

Nous allons voir ici, plus en détails, quelques noms utilisés par les shadhilis et comment ils sont utilisés.

1) Dans les wirds, on trouve le dhikr suivant: 

« يا الله يوه واه هو ياهو يا من هو هو أنت، أنت هو يوه هو يايوه هو ياجليل ياهو يا من لا هو إلا أنت هو » qui signifie « Ô Allah ! Youh, Wah, Lui, Ô Lui ! Ô Celui (qui est) Lui Toi ! Toi Lui Youh Lui Ô Youh Lui Ô Jalîl ! Ô Lui ! Ô Celui ! Pas Lui sauf Toi Lui » (p79 دلائل الخيرات، أدل الخيرات، كنوز الأسرار في الصلاة والسلام على النبي )

Dans cette invocation, on trouve 6 termes qui, selon la voie shadhiliyya, désignent Allah تعالى. Sur ces 6 termes, 4 sont incorrects ! Invoquer Allah عز وجل de cette manière revient à se moquer de Lui, mais le disciple ne s’en rend pas compte car, manipulé, il pense que le wird de son cheikh fait partie des secrets et lui permet de s’approcher de son Seigneur alors qu’en réalité, il S’en éloigne !

2) La voie as-shadhiliyya est aussi connue pour son hizb du cercle shadhili  حزب الدائرة الشاذلية. 

Dans la représentation du cercle, on trouve du vrai mélangé au faux; des versets coraniques, le nom du Prophète ﷺ , des noms inventés, des lettres, des noms de djinns..etc (voir la fin du livre  « المفاخر العلية في المآثر الشاذلية من أحمد بن عياد : Les illustres exploits dans les prouesses shadhiliyya d’Ahmad ibn ‘Iyâd » ICI )

Dans ce livre, l’auteur nous explique (d’après Abou Mouhammad ‘Abdullah al-Yâfî’î اليافعِي, un des principaux ‘’cheikhs’’ de la voie shadhiliyya) ce que signifie ces noms (qui sont présentés comme étant des noms d’Allah تعالى, en langue jabaroutiyya الجبروتية ( langue qui n’existe pas)) et comment les utiliser. Voici un résumé ce de qu’il écrit:

« Tahour طَهُور : …à utiliser pour se présenter chez les rois. Dire 7 fois Allah est plus grand الله أكبر puis dire Tâ’ طاء puis réciter le verset 4 de la sourate Les poètes الشعراء, dire ensuite  le Tâ’ les a jugés puis dire 7 fois Tahour. (NdT: Le Tâ’ les a jugés ? )

Bad’aq بَدْعَق : …pour se présenter chez les savants et les juges. Dire 7 fois لا إله إلا الله, puis dire Bâ’ باء, réciter le verset 58 de la sourate Yâ-Sîn, dire ensuite ‘’ J’ai fendu leur raison par le qâf بالقاف puis dire 7 fois le nom bad’aq (NdT: On remarquera le manque de respect envers les savants et les juges dans la phrase ‘’J’ai fendu leur raison’’ et en plus par le qâf ? )

Mahbabah مَحْبَبَه …pour attirer à soi la richesse 

Souwarah صُوَرَه…pour repousser le mal

Saqfâtîss سَقْفاطيس…pour ouvrir le cœur, dire 7 fois Ô Salam يا سلام ! Puis dire Sîn سين, je te demande par l’ouverture (as-sinâ’) la plus grandiose بالسناء الأعظم de me donner la clé de mon cœur puis dire 7 fois Saqfâtiss 

(NdT: Après le Nom Salâm, pourquoi trouve-t-on une lettre isolée sîn س placée entre le Nom Salâm et la demande. Dans les invocations du Coran et de la Sounna, on trouve un Nom d’Allah عز وجل puis la demande, comme par exemple «…Et dis: ‘’Ô mon Seigneur, accroit mes connaissances ! وَقُل رَّبِّ زِدْنِي عِلْمًا » ( Tâ-Hâ: 114) et « Ô mon Seigneur, pardonne-moi et absous-moi, Tu es certes Celui Qui accepte le repentir par Excellence, Le Très Miséricordieux رَبِّ افِرْ لِي وتُبْ عَلَيَّ إنَّك أنْتَ التَّوَّاب الرَّحِيم » (Abou Dâwoud: sahîh). Dans cette dernière invocation, il y a 3 Noms d’Allah تعالى, un, avant la demande et 2 après.

Dans l’invocation shadhiliyya, on lit que la personne implore par l’ouverture la plus grandiose. Le mot as-sinâ’ السناء vient du verbe sânâ سانى (ouvrir). En islam, on invoque Allah تعالى par Ses Plus beaux Noms et on L’implore en utilisant Ses attributs التوسل بصفاته ; or il n’est pas rapporté que « l’ouverture la plus grandiose » soit un attribut d’Allah عز وجل. On sait que al-Fattâh الفتاح (L’Illustre Juge et Le Suprême Ouvreur) est un des Noms d’Allah عز وجل (voir la sourate Sabâ’:26), c’est pourquoi on trouve dans le Coran et la Sounna des invocations se rapportant à ce Nom Suprême comme : «…Ô notre Seigneur, tranche افْتَح par la vérité entre nous et notre peuple car Tu es Le Meilleur des juges وأنت خير الفاتحين » ( Al-‘Arâf: 89), « Il dit : ‘’ Ô mon Seigneur, mon peuple me traite de menteur. Tranche donc فافْتَح entre moi et eux clairement فَتْحًا et sauve-moi ainsi que ceux des croyants qui sont avec moi ’’ » (26 Les poètes: 117,118); le Prophète ﷺ, quant à lui, nous à enseigner de dire en entrant dans la mosquée : « Ô Allah ! Ouvre-moi les portes de Ta Miséricorde اللهم افتح لي أبواب رحمتك »(Mouslim). Les termes employés sont donc le Nom al-Fattâh, le verbe fataha فتح et le mot Fath فَتْح ; mais pas de trace d’as-sinâ’ al-a’zam السناء الأعظم ! 

Étant donné que d’anciens cheikhs soufis ont révélé que les noms inconnus que l’on trouve dans les wirds soufis sont en réalité des noms de djinns (des diables pour la plupart), et que les invoquer est une pratique de la magie; on est alors en droit de se demander si celui qui a inventé cette invocation n’aurait pas voulu en faire un concentré de polythéisme. En effet, dans la phrase « je te demande »; le pronom « te » peut se rapporter au Nom Salâm ou à sîn qui est plus proche. La lettre sîn remplace peut-être le mot Saqfâtiss, qui n’est pas un Nom d’Allah تالى et enfin la demande se termine en invoquant 7 fois Saqfâtiss ! والله تعالى أعلم )

Saqâtîm سَقاطِيم : pour (arriver) au degré de plénitude (perfection الكمال)

Ahoun Adoumma Hamma Hâ’ Âmîn أحُون أدُمَّ حَمَّ هاءٌ آمين : est le nom le plus sublime الاسم الأععْظم… Répéter 70 fois ce nom et demander ce que l’on veut… » (7). Quant aux hadiths prophétiques sur le sujet, ils ne mentionnent pas cette invention mensongère.( voir ICI

3) Penser au Nom écrit !

Il existe aussi chez les shadhilis une étrange pratique concernant le Nom « Allah ». Lorsque le disciple fait une retraite soufie (al-khalwa), il doit regarder fixement, pendant 1 heure (1/2 h pour le débutant), le Nom « Allah », écrit blanc sur noir (imprimé sur une feuille), tout en répétant silencieusement « Allah, Allah… ». Ensuite, il doit fermer les yeux, pendant encore 1 heure ( 1/2 h pour le novice), et répéter silencieusement «  Allah, Allah… » tout en gardant présent dans son coœur l’image du Nom « Allah ». (8)

Analyse : Cette pratique est en fait un piège qui a pour but d’amener le soufi à penser à l’image du Nom écrit  au lieu de penser à Allah تعالى ! Il fallait y penser..comme ruse diabolique, difficile de faire pire ! Pour en arriver aussi à mettre son tapis de prière juste en face d’un tableau (où sont écrits les Noms d’Allah تعالى ) et une plaque où est inscrit « Allah » comme on peut le voir ICI. De plus, faire le dhikr, en répétant « Allah, Allah » ne fait pas partie de la Sounna, c’est une innovation (bid’a) (9).

Il faut savoir que ces shadhilis suivent les enseignements de Mouhammad Sa’îd al-Jamal a-Rifâ’î, محمد سعيد الجمل الرفاعي (décédé en 2015) (10). Cette personne a écrit de nombreux livres en anglais; on y retrouve les inventions soufies comme la réalité mouhammadienne ; l’anéantissement (al fanâ’ الفناء في ) en Allah تعالى, dans le Prophète ﷺ et dans le cheikh; le partage de la science en vérité et charî’a…etc (11) Il écrit aussi que le disciple doit invoquer son cheikh lorsqu’il craint quelque chose et que s’il répète le nom de son cheikh, il sera libéré de sa peur, que le diable ne peut pas prendre l’aspect du cheikh…en résumé comment apprendre au disciple à adorer son cheikh à la place d’Allah ! (12)   

Le pire dans tout cela est qu’il était également  l’imam de la troisième mosquée de l’islam, la mosquée d’Al-Aqsa ! .إنا لله وإنا إليه راجعون

D) Actions vaines

On trouve dans le dhikr et les wirds soufis beaucoup de vrai mélangé avec du faux. Cela ne doit pas tromper le croyant car le faux consiste en des innovations (bid’as) et du polythéisme (chirk), choses qui annulent les actions. Le fait que des noms inventés et des noms de diables se trouvent dans des invocations où l’on retrouve des Noms d’Allah تعالى est fait exprès pour essayer de dissimuler le poison. Même si une personne fait un dhikr ou une invocation avec, par exemple, 70 noms d’Allah عز وجل et un nom de djinn ou un nom inventé, son acte sera rejeté car notre Seigneur n’accepte pas qu’on Lui donne un associé et Il n’accepte pas non plus les bid’as ! Ainsi, le Prophète ﷺ a-t-il dit : « Allah تبارك وتعالى a dit: ‘’ Je suis Celui Qui se passe le plus d’associés. Quiconque accomplit une action dans laquelle il M’associe à un autre, Je le délaisse, lui et son association’’ » (Mouslim)

Ce qui est vraiment désolant, c’est de savoir que des disciples soufis passent de très longs moments, chaque jour, à réciter leurs wirds empoisonnés… Qu’Allah Le Tout Puissant leur montre le vrai visage de leur groupe et qu’il les guide au dhikr et aux invocations du Coran et de la Sounna. Amine !

E) Dangers

Invoquer son Seigneur avec des noms qui Lui sont étrangers ou des noms de djinns, dont beaucoup sont des diables, a pour conséquence pour le disciple de le fait entrer dans la pratique des innovations (bid’as) et de la magie. De plus, si au cours de ses invocations, le soufi demandent certaines choses, les diables feront tout pour l’aider afin qu’il s’enfonce toujours plus dans le polythéisme.

Pour illustrer notre propos, on donnera l’exemple d’un disciple de la voie shadhiliyya, qui invoque, comme on lui a appris, Saqfâtiss et lui demande de mettre une personne précise à son service. Si Allah تعالى le permet, bien entendu, le djinn en question peut aller voir cette personne, lui faire du wasswass afin qu’elle fasse ce que ce soufi désire ou encore apparaitre dans le rêve cette personne afin de l’influencer. Le pauvre disciple qui ignore tout de ces pièges va penser qu’il est efficace d’invoquer par ce nom et va donc s’enfoncer un peu plus dans le chirk.  

Invoquer les djinns, dont la plupart sont des diables, ne fait pas partie du sunnisme mais du satanisme !

F) Conclusion

Les soufis prétendent que les noms inconnus que l’on trouve dans leur dhikr et leurs wirds sont des Noms d’Allah تعالى en langue syriaque (ou autre); que les anges invoquent Allah تعالى par ces noms que l’on ne trouve pas dans le Coran et la Sounna mais que les « connaisseurs العارفون » ont reçus ! 

Ceci est en fait un égarement évident, une profanation إلحاد des Noms du Tout Puissant et cela fait partie du polythéisme car ces noms sont, pour la plupart des noms de diables utilisés par les magiciens. Le soufisme utilise la magie, en lui donnant d’autres noms (comme la science des lettres ou autre) afin de manipuler les disciples, leur faire aimer leur cheikh, leur faire croire que ce dernier a des prodiges (karâmates كرامات) ce qui facilitera par la suite l’apprentissage des bid’as puis des différentes sorte de chirk. Comme par exemple leur faire croire que le Prophète ﷺ a été créé à partir de lumière (en nommant cela « la réalité mouhammadienne ») et que la création provient de cette lumière, alors que l’on trouve 2 fois dans le Coran le passage suivant: « Dis : ‘’Je ne suis qu’un être humain comme vous قل إنَّما أنا بشرا مثلكم. Il m’a été révélé que votre Dieu est un Dieu unique…» (18 La caverne: 110 et 41 Les versets détaillés: 6). Allah تعالى a accordé au Messager ﷺ de nombreux bienfaits, dont la prophétie mais pour ce qui est de sa création, Allah عز وجل nous dit qu’il est un être humain et l’on sait que ces derniers ne sont pas créés de lumière, à la différence des anges.

Il n’est pas permis d’invoquer ou d’implorer Allah تعالى par des noms qui ne font pas partie des Noms rapportés par le Coran et la Sounna authentique. Les savants ont réuni et expliqué les Noms de notre Seigneur dans de nombreux livres. Celui qui veut sincèrement invoquer Allah تعالى n’a pas besoin d’utiliser des noms dont il ignore le sens; il lui suffit de lire le Livre de son Seigneur, de lire les hadiths de son Prophète ﷺ pour trouver les véritables Noms d’Allah عز وجل et les utiliser. oummatoukoum, le 19 Joumada a-thanî 1442 / 1-2-2021.

والله تعالى أعلم

Références :

1) Les différents tafsirs du verset : ICI (puis cliquez sur Al-Tabarî pour voir les autres commentateurs)  

 2) ICI ما هو الإلحاد في أسماء الله تعالى، وما أنواعه ؟     

ICI الإلحاد في أسماء الله تعالى 

3)  ذكر الله بالاسم المفرد «الله » أو بضمير « هو » من بدع الصوف : ICI 

Invoquer Allah par des pronoms personnels : ICI 

ICI لا يشرع الدعاء بضمير الغيبة (هو) لعدم ثبوت ما يدل على أنه من أسماء الله الحسنى 

ICI  التقيد في الأذكار بعدد معين بدعة إلا ما حدده الشرح

(4) Pour en savoir plus sur la manipulation des disciples soufis, consulter les articles:

Les Qubeissiats: manipulation des adeptes : ICI 

Les Qubeissiats : utilisation de la magie : ICI

Pourquoi autant de sectes ? : ICI 

Soufisme et magie (1) : ICI

(5) Voir les articles:  La magie dans le soufisme et le chiisme (paragraphe: les noms syriaques) : ICI

Soufisme et magie (2) (paragraphe: les mensonges) : ICI

 حكم ذكر الله بالأسماء السريانية : ICI

(6) (من أثار الطرق الصوفية صرف الناس عن الأذكار الصحيحة (دعاء الجن في أوراد الصوفية : ICI

     ظاهرة الإلحاد في اأسماء الحسنى. ICI

الأسماء السريانية عند الصوفية والشيعة : ICI

(7) الطريقة الشاذلية ودلائل الخيرات ICI

(8) Instructions pour la khalwa (en haut, à droite) : ICI Il est bon de faire une capture d’écran de cette page afin de conserver ces informations.

(9) حكم الذكر بالاسم المفرد : ICI

Innovation dans l’invocation : ICI

(10) محمد سعيد الجمل الرفاعي : ICI

(11) «The Ocean of The Mercy »: Muhammad Sa’îd al-Jamal a-Rifâ’î. Voir ICI puis cliquez sur les chapitres

(12) « The Path to Allah, Most High » Muhammad Sa’îd al-Jamal a-Rifâ’î . Voir ICI p223,224

      Pour voir ses livres, cliquez ICI

Le samâ’ est-il islamique ?

Le samâ’ soufi fait-il partie de l’islam ?

الحمد لله رب العالمين والصلاة والسلام على نبينا محمد 

On trouve dans le soufisme une pratique nommée le samâ’ السَّماع. Ce mot, qui vient du verbe sami’a  سَمِعَ , signifie l’audition, l’écoute. En français, on retrouve ce terme traduit comme suit : audition, concert, écoute, cérémonie ou chants spirituels, ou encore danse sacrée.

Cette pratique consiste pour les soufis à se rapprocher d’Allah تعالى par des chants, des  poèmes, des invocations, du dhikr accompagnés ou non d’instruments de musique et de mouvements du corps. Mouvements concrétisés par des balancements, des sauts ou de la danse. Les soufis accordent beaucoup d’importance au samâ’ c’est pourquoi une partie de leurs livres y est consacré. 

Remarque importante : ce sujet ne traite pas de la position de l’Islam par rapport à la musique, le chant et la danse ( sujet détaillé : ICI ) mais il parle du fait d’adorer Allah تعالى par le chant, la danse car pour les soufis, le samâ’ sert à se rapprocher de son Seigneur.

Le Prophète ﷺ et ses Compagnons رضي الله عنهم ne pratiquaient pas le samâ’ alors pour justifier cette innovation, les soufis avancent plusieurs arguments dont :

1) Le comportement de Salman رضي الله عنه

Les soufis disent que lorsque fut révélé le verset « Et l’Enfer sera sûrement leur lieu de rendez-vous à tous » (15 Al-Hijr : 43), Salam al-Fârissî رضي الله عنه poussa un cri, tomba sur la tête et prit la fuite durant 3 jours. Ils prennent cet évènement comme preuve pour justifier les cris et les évanouissements qui se déroulent dans certains samâ’s.

Réfutation : L’imam Ibn Al-Jawzî رحمه الله a dit : « Cela est absurde et mensonger,  cet évènement est rapporté sans isnad, le verset en question a été révélé à la Mecque alors que Salman رضي الله عنه a embrassé l’islam à Médine et aucun des Compagnons رضي الله عنهم n’ont apporté ce genre de chose ! »

On connaît la piété des Compagnons رضي الله عنهم et leur crainte d’Allah تعالى , pourtant ils ne criaient pas et ne s’évanouissaient pas comme le font certains soufis en prétextant des états « d’extase »!

2) Le verset « Frappe de ton pied »

Le Prophète Ayyoub (Job) عليه السلام fut touché par les épreuves et les maladies durant de longues années. Un jour, il appela son Seigneur en disant : « Le Diable m’a infligé détresse et souffrance » et la réponse fut « Frappe (la terre) de ton pied : voici une eau fraîche pour te laver et voici de quoi boire » (38 Sâd: 41, 42). Pour les soufis, ce verset donnerait la permission de danser !

Réfutation : cet argument n’est pas valable car Allah عز وجل n’a pas ordonné à Ayyoub عليه السلام de frapper de son pied par joie ou extase mais seulement pour qu’il agisse et que son acte soit la cause (de la sortie de l’eau de terre) par générosité pour Son Prophète عليه السلام .

3) Le hadith sur les sautillements

Il est rapporté ( ICI ) que Le Prophète ﷺ s’est adressé à ‘Alî de cette façon: « Tu es issu de moi et moi de toi » alors ‘Alî sautilla; puis il dit a Ja’far « Tu me ressembles physiquement et moralement » alors il sautilla derrière le sautillement d’Alî puis il dit à Zaïd « Tu es notre frère et notre affranchi » alors Zaïd sautilla derrière le sautillement de Ja’far.

Ce hadith a été rapporté par Ahmad, al-Baïhaqui et al-‘Iraquî. Ce dernier juge que son isnad est bon. Mais dans la vérification du mousnad d’Ahmad, al-Arnâout dit que l’isnad est faible est que le terme « sautillement » est réprouvé et étrange. C’est pourquoi, dans le Sahih de Boukhârî, on trouve cet évènement  mais sans que le sautillement des Compagnons رضي الله عنه ne soit rapporté.( Voir : ICI )

Réfutation : En supposant que le hadith soit authentique, on n’y trouve pas que les Compagnons رضي الله عنهم aient dansé dans une séance de dhikr (loin d’eux de faire une telle chose !), on trouve seulement qu’ils ont manifestés leur joie, en sautillant, à cause des éloges que leur a fait le Prophète ﷺ. Ce hadith ne peut donc pas servir de preuves aux danses soufies.

4) Le hadith sur les 2 petites filles

La mère des croyants, ‘Aïcha رضي الله عنها a dit : « Abû Bakr est entré chez moi alors que deux petites filles Ansarites chantaient (les poésies) que les Ansârs avaient récitées lors de la bataille de Bu’âth (qui s’est déroulée entre les deux tribus al-‘Aws et al-khazradj). Elles n’étaient pas des chanteuses. Abû Bakr dit alors : “ Comment les chants (ou flûtes) du diable dans la maison du Messager d’Allah ﷺ ?! C’était le jour de la fête, le Messager d’Allah ﷺ dit alors : “Ô Abû Bakr ! Chaque peuple a une fête et ceci est notre fête.” » (Boukhari et Mouslim). Des soufis se sont fondés sur ce hadith pour autoriser la chanson ainsi que le fait de l’écouter avec ou sans instrument de musique.

Réfutation : Ibn Qayim رحمه الله trouve étonnant que l’on puisse se baser sur le chant de 2 petites filles, un jour de fête, qui se réjouissaient (en chantant) des vers (de la poésie arabe) parlant du courage, des guerres, de la haute moralité et des bons caractères pour ‘Aïcha رضي الله عنها (très jeune à cette époque) pour rendre licite le fait d’écouter la musique ! Quel lien existe-t-il entre ceci et cela ? De plus, Abou Bakr رضي الله عنه a nommé cela « les chants (ou flûtes) du diable » sans que le Prophète ﷺ ne le démente, il l’a autorisé parce qu’il s’agissait de 2 petites filles qui ne pouvaient pas provoquer la débauche par leurs chants. Cela peut-il être considéré comme un argument apte à légitimer le fait d’écouter de la musique, avec toutes les implications que nous connaissons ?. Pureté à Allah ! Comme est fausse leur raison et leur compréhension ! (Madaridj As-Salikîn 1/493)

Ibn Al-Jawzî رحمه الله a dit: Aïcha رضي الله عنها était très jeune à ce moment-là. Mais lorsqu’elle est devenue adulte, elle n’a pas cessé de condamner la musique. Son cousin Al-Qâsim ibn Muhammad qui était son élève condamnait lui aussi la musique et interdisait son écoute. Voir Talbîs Iblîs 229 

Ce hadith nous montre, en fait, qu’il est permis aux petites filles de chanter des chants dans lesquels il n’y a pas d’interdit religieux et ce durant les jours de fêtes mais ne peut pas servir de preuve pour adorer Allah تعالى par des chants ou de la danse ! 

5) La danse des abyssins

Des hadiths, rapportés par al-Boukharî et Mouslim, nous apprennent que pendant la fête, des abyssins (éthiopiens) sont venus à la mosquée du Prophète ﷺ et ont joué, devant lui, avec leurs lances. (voir : ICI ). Ils ont pratiqué le zafn الزَّفْن qui est une sorte de marche mêlée à la danse. Ceci est souvent pratiqué pendant la guerre, avant le combat afin de montrer son courage à l’ennemi. Les soufis, quant à eux, pensent que cela est une permission pour la danse soufie.

Réfutation : Dans son explication du Sahih Mouslim,  a-Nawawî رحمه الله , dit que dans le hadith, il y a une  autorisation de jouer avec les armes dans la mosquée et que cela fait partie des choses qui aident au combat. Pour Ibn Hajar رحمه الله, les hadiths sont une preuve qu’il est permis de jouer avec les armes en sautant afin de s’entraîner et s’encourager à la guerre (Fath al-Bârî).

En lisant les commentaires des savants, il apparaît clairement que ces hadiths ne peuvent pas servir de preuve à la danse soufie. De plus, il faut savoir que durant cet évènement, les abyssins ne se trouvaient pas autour du Prophète ﷺ, et ne pratiquaient pas le dhikr, comme le soutiennent certains qui tentent, par tous les moyens, de trouver un argument à leurs innovations.

Nous nous contenterons de ces quelques arguments, avancés par les soufis, car les présenter tous allongerait inutilement le sujet car tous sont du même style; soit inexacts, soit avec une fausse interprétation. Pour ceux qui voudraient en savoir plus, ils peuvent consulter les articles mentionnés dans les références (en fin de sujet) et le livre de l’imam ibn Qayyim al-Jawziyya : الكلام على مسألة السماع : ICI ( Discours sur la question du samâ’ )

Le Qâdi ‘Iyâd رحمه الله a dit: « Al-Massîbî a dit: « Nous étions avec Mâlik رحمه الله et ses compagnons étaient autour de lui. Un homme de Nousseïbine (ou Nusaybin, ville au sud-est de la Turquie) a dit: « Ô Abou Abdoullah ! Nous avons chez nous des gens que l’on appelle les soufis. Ils mangent beaucoup, puis ils récitent des poèmes puis ils se lèvent et dansent ». Mâlik dit alors: « Sont-ils des enfants ? » L’homme répondit « Non ». L’imam demanda: « Sont-ils fous ? ». Il répondit: « Non, ce sont de vieilles personnes ». Mâlik dit alors: « Je n’ai jamais entendu que quiconque, parmi les musulmans, agisse ainsi » 

7) Dangers du samâ’

Appeler au soufisme par les chants et la musique pour se rapprocher d’Allah تعالى est un moyen d’agrandir le nombre des disciples car les gens aiment s’amuser. Occuper le musulman à chanter, à danser, à réciter des invocations et du dhikr inventés est un moyen pernicieux de l’éloigner de la voie droite, de la vraie science, de l’apprentissage de l’arabe, du Coran, des hadiths, des tafsirs…etc De plus, on s’aperçoit que ceux qui sont habitués à cette pratique ont plus de difficulté à écouter et à s’émouvoir du Coran. Et écouter des vers leur procure plus de plaisir que d’écouter le Livre d’Allah تعالى !

8) Conclusion

Les soufis ont essayé de justifier, par tous les moyens, le samâ’ en s’appuyant sur des sources islamiques en leur donnant une fausse signification ou en utilisant des sources qui ne sont pas authentiques. Ils ont réussi, de cette façon, à convaincre certaines personnes, c’est pourquoi il est important que la Communauté soit informée de la fausseté de leur argumentation.

La danse, les chants dans des séances de dhikr font partie des innovations et ne permettent donc pas de s’approcher de son Seigneur. Les chants et les mouvements du corps pratiqués par les soufis ressemblent en réalité aux pratiques des chrétiens et des juifs. Il suffit d’ailleurs comme preuve de la fausseté du samâ’ de dire que le Prophète ﷺ ne le pratiquait pas, de même que ses Compagnons رضي الله عنهم . oummatoukoum le 5 Joumada a-thanî 1442 / 18-1-2021.

والله تعالى أعلم

Références :

(1) عبادات تحت الضوء…السماع والذكر عند الصوفية : ICI

(2)   الوجد والرقص عند الصوفية : ICI

(3)  بطلان الاستدلال بلعب الحبشة بالحراب على الرقص الصوفي ! : ICI

(4)  هل ثبت حديث أن الصحابة رقصوا ويستدل بذلك على الرقص في حلق الذكر ؟ : ICI

(5) L’interdiction de la musique en islam 1/2 : ICI

     L’interdiction de la musique en islam 2/2 : ICI

(6) La position de l’Islam par rapport à la musique, le chant et la danse : ICI

(7)  آراء أئمة الإسلام في التصوف وأهله  ICI

Le samâ’ soufi est-il islamique ?
L'avis de l'imam Mâlik sur le samâ' soufi
L’avis de l’imam Mâlik sur les chants et danses soufis